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Encore un drame occasionné par la consommation du « koutoukou ». Moins de trois mois après le triste cas d’Abatta, à Bingerville, où au moins six (6) personnes ont trouvé la mort à la suite de la consommation de cette forte liqueur de fabrication artisanale, connue aussi sous le nom de « Gbêlê », c’est au tour d’Angossè d’être sous le choc pour les mêmes causes.

Cette localité de plus 4 000 âmes, située dans la sous-préfecture de Kossou, district autonome de Yamoussoukro, a enregistré le samedi 07 septembre 2019, deux décès. Il s’agit de Kouamé Kouamé Robert, la cinquantaine et Kouamé Yao Stéphane, né il y a 40 ans environ, qui laisse derrière lui une femme et des enfants.

En vue d’en savoir davantage sur ce drame, nous nous rendons sur place, le dimanche 08 septembre. Après avoir parcouru la trentaine de kilomètres qui la sépare de Yamoussoukro, nous arrivons autour de 11h, dans la localité d’Angossè où la tristesse se lie sur les visages des populations affectées par ce drame.

Après les civilités faites dans une atmosphère lourde, nous sommes conduit au domicile de Nanan Kouassi Kouamé « Antolé », le chef du village entouré pour l’occasion, de plusieurs de ses proches collaborateurs dont le notable Kouassi Konan Ernest dit Bah Touré.

En ces lieux, l’on nous explique que ce samedi-là, dame Valérie comme d’habitude depuis bien longtemps déjà, ouvre son bistrot en vue de la vente de son « gbêlê ». Aux alentours de 11h, celle que l’on appelle affectivement « Valé », enregistre l’arrivée de quatre (4) fidèles clients. En l’occurrence, Kouamé Kouamé Robert, Kouamé Yao Stéphane, tous deux originaires du village. Ainsi que Kouassi Konan et son ami présenté comme orpailleur clandestin.

Toujours selon nos sources, ces quatre clients se livrent à une partie de consommation du « gbêlê » sans que l’on ne précise la quantité exacte de liqueur frelatée ingurgitée par chacun d’eux. Quoi qu’il en soit, les instants d’après sont pénibles pour nos quatre leveurs de coude.

En effet, Kouamé Kouamé Robert, à l’instar des autres, commence à se tordre de violentes douleurs abdominales et à vomir de sang. Il est rapidement évacué au centre de santé du village. Mais il meurt aussitôt. On décide alors de transférer Kouamé Yao Stéphane, présentant les mêmes symptômes, au Chr de Yamoussoukro. Mais lui aussi hélas, rend l’âme au cours de son évacuation. Les deux autres victimes dont les cas fort heureusement, sont moins graves, sont admises dans le même hôpital.

Alerté, le commandant de la brigade-ville de gendarmerie de Kossou arrive sur les lieux avec certains de ses hommes, procède au constat d’usage et fait fermer la gargote. Sur sa lancée, il saisit le reste de la liqueur douteuse. Après quoi, pour nécessité d’enquête, il fait arrêter dame Valérie la vendeuse, mais aussi Eugène, le livreur du « koutoukou ».

Par ailleurs, si le chef de village et sa notabilité saluent vivement la prompte intervention du commandant de brigade et ses hommes, tout comme le calme observé par les villageois malgré le choc, ils émettent toutefois quelques inquiétudes. Notamment, en ce qui concerne la prise en charge des frais de conservation des corps à la morgue.

«Au nom de l’ensemble des populations villageoises, il est bon d’indiquer que bien que favorable à la manifestation de la vérité, l’autorité coutumière incarnée par le chef du village, souhaite toutefois, que les choses se passent au plus vite. Afin que les frais de conservation des corps par ces temps difficiles, ne constituent un très lourd fardeau financier pour les familles éplorées», fait savoir M. Kouassi de la chefferie traditionnelle. En attendant, on se pose légitimement des questions sur ce qui se passe vraiment ces derniers temps, avec le « koutoukou », ce breuvage prisé des petites bourses ?

Camille SIABA (Correspondant régional)

Source: linfodrome

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