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On n’en a pas fini avec les développements de la crise politique née de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun. La détermination de Maurice Kamto ( « vainqueur autoproclamé » pour les partisans du régime, véritable vainqueur du scrutin pour une frange importante des Camerounais) à se faire restituer [sa] victoire est progressivement en train de dévoiler la fragilité des institutions camerounaises toutes à la solde du président légalement élu, Paul Biya, et dont les faiblesses sont inversément proportionnelles à leurs proclamations sur leurs forces supposées.

La doctrine juridique au Cameroun, comme dans tout Etat qui se respecte est que les décisions du Conseil Constitutionnel (Cour Constitutionnelle ailleurs, et simplement Cour Suprême dans les pays qui n’ont pas adopté ce modèle dans leur ordonnancement des juridictions) ne sont susceptibles d’aucun recours, et s’appliquent à tous, y compris aux détenteurs des trois pouvoirs étatiques que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire, lesquels conviennent –ou plutôt s’obligent- de s’en remettre à son autorité morale, alors que l’implémentation de ses décisions est tributaire de la volonté et de la capacité de ceux-ci à les traduire dans les faits. Encore faut-il que le Conseil Constitutionnel –comme on appelle cette institution au Cameroun- puisse en imposer, par la justesse de ces décisions et l’autonomie ou la capacité d’être autonomes en temps requis des personnes qui le constituent.

Le Conseil Constitutionnel du Cameroun peut-il, à première vue, comme a posteriori, être crédité d’une telle autorité au regard des accrobaties auxquelles elle s’est prêtée lors des dernieres audiences en matière de contentieux électoral , pour balayer d’un revers de a main tous les recours de l’opposition en s’arc-boutant sur des arguments de droit et des vides juridiques, alors que l’on attendait de lui un jugement plus basé sur le bon sens, l’éthique et l’équité morale (un jugement à la Salomon en somme) qui, sans faire abstraction du droit, renforcerait plutôt celui-ci ?

Difficile de répondre par l’affirmative si l’on prend pour paradigme l’action en récusation et en renvoi pour cause de suspicion légitime, initiée par le candidat Maurice Kamto sur la base des articles 5 et 18 de la loi n°2004/005 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du conseil constitutionnel, à laquelle le Conseil Constitutionnel a répondu par son incompétence pour connaitre de ce point, et renvoyé le requérant à l’autorité de désignation des membres du Conseil Constitutionnel qu’est le président de la République, alors qu’il était clair que c’est l’acte de désignation posé par le même président de la République qui était contesté devant lui, dans le but que sa qualité de regroupement des « Sages » aidant, il puisse, sur la base de l’article 18 de la loi mentionnée supra, décider de ramener le président de la République à la légalité, en l’occurrence au respect de l’esprit et de la lettre de l’article 5 ?

Partant de ce premier exemple fondateur du sentiment d’incrédibilité du Conseil Constitutionnel qui s’est répandu dans l’opinion dès la première journée d’audience du contentieux électoral, il allait de soi que soit le(s) requérants optaient d’en prendre leur parti de cette injustice perpétrée par l’institution dont ils attendaient la justice (c’est ce qu’on fait les candidats « républicains » –y compris celui qui avait clamé qu’ils refuserait de prêter serment s’il était déclaré élu à cette élection qui s’était déroulée dans des conditions calamiteuses, consacrant la sécession du Cameroun- en prenant acte de la réélection du candidat président sortant), soit il optait pour une insurrection dont les développements et le coût ne sont jamais nettement prévisibles.

Mais en juriste accompli, Maurice Kamto qui tient surtout à ne passe servir des cadavres comme marcepied pour accéder à la tête de l’Etat, a opté de faire prévaloir en deux étapes la force du droit :

– 1ère étape : user du droit constitutionnel des personnes à l’expression de leurs opinions ou sentiments à travers les marches de protestation
– 2ème étape : utiliser le mécanisme de certification des élections en Afrique en cas de controverse sérieuse inclus dans la Charte africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance (CADEG) de l’Union Africaine, pour mettre à nu les irrégularités transversales qui ont permis au régime sortant de prétendre à une victoire, et au Conseil Constitutionnel aux ordres de l’adouber dans cette prétention.

Cette démarche de Kamto a permis au Cameroun de faire l’économie d’une violence populaire qui aurait pu être légitimée par la soif de démocratie et la volonté du peuple d’imposer sa souveraineté au groupe de personnes qui n’ont de cesse de s’arroger le pouvoir par la force, mais n’aurait pas manqué de fragiliser gravement un pays qui a du mal à se relever de la récession économique de la fin des années 1980, rendue permanente par la prévarication à outrance de son élite gouvernante.

C’est dans l’optique de la mise en marche de cette deuxième étape que Maurice Kamto s’est rendu à Addis-Abéba en Ethiopie –sur invitation du président de l’Union Africaine, affirment ses proches- où il a séjourné du 16 au 19 novembre, pour expliquer au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine chargé de la mise en application de la CADEG dont le Cameroun est signataire, les tenants et aboutissants de son appel au recomptage des votes au Cameroun.

Ses interlocuteurs d’Addis ont-ils été réceptifs à sa requête, qu’y a-t-il été décidé ? La réponse est encore attendue de Kamto ou de son équipe de communication dont on suppose qu’ils agissent pour le compte des Camerounais, auxquels ils sont par conséquent astreints de rendre compte de leurs entreprises.

Toujours est-il qu’aux dernières nouvelles, l’on apprend que deux jours après le retour triomphal au Cameroun de Maurice Kamto qui a été accueilli en véritable héros à Douala, en tout cas, mieux qu’un président de la République –preuve qu’il n’est pas le président de la « république virtuelle de Facebook » comme le prétendent les forts en gueule du régime-, un représentant du vainqueur officiel de l’élection présidentielle qui ne serait autre qu’un avocat commis par l’organe électoral Elecam, « s’est rendu au siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba sur convocation du président en exercice, Paul Kagame », ainsi que le révèle ce « Texte de Basile Akono » du forum citoyen « LE CAMEROUN c’est le CAMEROUN ».

Mercredi 21 novembre, un émissaire du Cameroun notamment l’avocat commis par Elecam s’est rendu au siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba sur convocation du président en exercice, Paul Kagame.

La question qui se pose est de savoir pourquoi l’État du Cameroun ne fait-elle pas de distinction entre le gouvernement et l’organe sensé gouverner le processus électoral? Pourquoi le Cameroun veut montrer aux yeux du monde que Elecam est inféodé au système gouvernant ?

De toutes les façons, c’est le début des consultations suite à la requête du Président Kamto reçu récemment en marge du sommet extraordinaire de l’UA par le Président en exercice et un autre dont je préfère taire le nom.
Comme pour Bakassi où les uns avaient préféré le crépitement des armes, le professeur Maurice Kamto va inverser le cours des choses avec son stylo et sa tête.

Constatez que pour des personnes qui sont au parfum de ce qui se passe réellement en ce moment du programme national de résistance, les pontes du régime sont plutôt réservés et pondérés depuis le retour du président élu. Ils ne le comparent plus à Ping. D’ailleurs le Président du conseil électoral d’Elecam s’en est remis à Dieu pour la suite de l’affaire

Au stade de nos investigations, les éléments recueillis ne nous permettent ni de confirmer, ni d’infirmer cet autre développement de la contestation postélectorale. Mais en postulant que qui ne dit rien consent, on est tenté de croire que le régime de Paul Biya est en procès devant l’Unin Africaine pour élection compliquée.

Or si cela était avéré, cela supposerait simplement que le régime reconnait, contrairement à ce que prétendent ses défenseurs attitrés, que les décisions de son Conseil constitutionnel (personne) ne sont pas aussi « insusceptibles » de recours.

Comment en est-on arrivé-là ?, est-on tenté de se demander. La réponse est aussi simple qu’évidente : le Conseil Constititutionnel n’a pas donné de bonnes raisons de croire qu’il était au service du Cameroun et des Camerounais. Pis, par raisonnement hypothético-déductif, il n’y a pas loin de la coupe aux lèvres à penser qu’il est un instrument de transformation des hold-up électoraux conçus dans les laboratoires du parti au pouvoir, fabriqués par les machines de fraude d’Elecam et conditionnés dans les procès-verbaux partiellement signés de la Commission Nationale de recensement Général des Votes, en victoires acquises avec faute(s).

Source: cameroonvoice.com

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